Médicaments : réagir aux effets secondaires, Institut Paoli Calmettes, Marseille

Paoli-Calmettes est mobilisé pour sensibiliser le public

Par Florence Cottin

PHOTO ARCHIVES NICOLAS VALLAURI

Evoquer les effets secondaires des médicaments est toujours un sujet sensible. Et les derniers scandales, Mediator, Dépakine ou encore Levothyrox le montrent. « Il n’y a jamais de risque zéro quand on prend un médicament, prévient Ségolène Duran, pharmacienne, responsable du programme de pharmacosurveillance de l’Institut Paoli-Calmettes (IPC). Même la prise de paracétamol n’est pas un geste anodin et peut comporter des effets secondaires. À l’apparition d’une gêne, il ne faut pas hésiter à en parler et à le déclarer.« 

Trouver le bon interlocuteur

Mais comment trouver le bon interlocuteur et comment déclarer les effets secondaires d’un médicament : c’est un des enjeux de la Semaine nationale de la sécurité des patients qui se tient jusqu’à dimanche dans toute la France. Comme de nombreux établissements de santé, l’Institut Paoli-Calmettes est mobilisé pour sensibiliser le public. Plusieurs rendez-vous sont programmés pour parler du rôle que chacun, patient comme soignant, peut jouer pour une surveillance efficace et partagée de l’usage des médicaments.

« Nous voulons faire connaître aux patients la manière dont fonctionne l’hôpital mais aussi leur sécurité, poursuit Ségolène Duran. On ne peut que saluer la concrétisation d’une initiative qui a le mérite de vouloir améliorer la sécurité et la qualité des soins, en impliquant davantage tous les professionnels mais aussi les premiers concernés, à savoir les patients. » Et en cancérologie, ce dispositif prend tout son sens. « On est dans des pathologies potentiellement graves où tout le monde cherche l’efficacité, explique-t-elle. Les effets secondaires peuvent de ce fait être négligés. Autant les effets des ‘anciennes’ chimiothérapies sont connus, autant avec les thérapies innovantes aujourd’hui largement utilisées en oncologie, leurs effets secondaires sont souvent sous-estimés, mal connus ou de ce fait moins bien communiqués aux patients.« 

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Déclarer en ligne les effets indésirables

À l’IPC, depuis trois ans, un projet inédit associant pharmaciens, infirmiers, médecins et bénévoles a été lancé pour identifier ces effets secondaires et les faire remonter. « De plus en plus, les patients suivent un traitement anticancéreux chez eux, en ambulatoire, loin de l’hôpital. Cela peut conduire à sous-déclarer les effets secondaires« , souligne Ségolène Duran qui poursuit : « Les lignes sont en train de bouger. Depuis mars 2017, un portail (signalement-sante.gouv.fr) pour simplifier et favoriser le signalement des événements sanitaires indésirables a été ouvert par le ministère de la Santé. Il faut que ça se sache.« 

À Marseille, on a déjà pris la mesure de ce dispositif. Plus de 200 déclarations ont été effectuées ces deux dernières années. « On est à peu près à 50 % des déclarations nationales effectuées par les patients dans les traitements du cancer en 2017.« 

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