THIOTHEPA, Vente d’anticancéreux périmés : deux dirigeants d’entreprises renvoyés en correctionnelle

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Par LEXPRESS.fr avec AFP ,publié le

Près de 100 000 flacons périmés avaient été administrés à des patients entre 2007 et 2011, entraînant un possible sous-dosage. Les deux dirigeants seront jugés à Paris.

Les juges d’instruction leur reprochent d’avoir fait peser « un risque grave pour la santé publique ».Alain Bouaziz, président du laboratoire Alkopharm, et Valéry Monin, dirigeant du distributeur Genopharm ont été renvoyés en correctionnelle sur le scandale du Thiotépa, un anticancéreux dont près de 100 000 flacons périmés ont été administrés à des patients, a indiqué vendredi une source proche du dossier.

Les deux dirigeants d’entreprises français doivent notamment être jugés à Paris pour distribution de ce médicament « sans respect des bonnes pratiques de fabrication » et tromperie sur les qualités substantielles, la composition, l’origine et la quantité en principe actif d’une marchandise, selon l’ordonnance consultée par l’AFP.

Le principe actif sous-dosé

Le scandale du Thiotépa, utilisé dans la lutte contre les cancers de l’ovaire, de la vessie et du sein, mais également contre certains cancers de l’enfant, avait éclaté en mars 2011 quand le fabricant allemand du produit, Riemser, a averti les autorités sanitaires que des flacons périmés circulaient sur le marché.

Des analyses ultérieures de l’Agence française du médicament révèlent également qu’ils ne contiennent « plus la dose de principe actif exigée ». Au total, 96 829 flacons non-conformes ont été distribués, principalement en France, entre février 2007 et septembre 2011.

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À la suite d’une plainte du fabricant Riemser en 2011, le parquet de Paris a ouvert une enquête. Les investigations ont révélé que le groupe d’Alain Bouaziz avait des problèmes pour écouler son stock du médicament dans sa filiale suisse. Une responsable avait alors falsifié la date de péremption de certains lots pour les vendre en France.

Le fabricant responsable ?

À la question de savoir si ces manquements ont fait des victimes, aucun expert n’a pu lier une évolution négative d’un cancer à ce médicament périmé. Un sous-dosage dont Genopharm n’est pas responsable selon l’enquête, rappelle l’avocate de Valéry Monin, Me Maire-Laure Ingouf. Elle met en avant l’éventuelle responsabilité du fabricant allemand et a déposé fin 2017 une plainte pour obtenir la désignation d’un juge d’instruction dans ce volet. Un « contre-feu », selon Riemser.

« À l’époque, on a désigné un grand voyou, en faisant couler une boîte de 250 personnes. Sept ans plus tard, on se rend compte que c’est la faute d’un tiers et on reproche seulement à mon client d’avoir vendu un produit sans s’être rendu compte qu’il n’était pas conforme », soutient Me Ingouf.

 

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