Décès au CHU. Des parents angevins relancent l’enquête |

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Les parents d’une fillette morte en novembre 2016 saisissent un juge d’instruction. L’enfant prenait un médicament contre le cancer issu du même lot que ceux pris par les patients nantais décédés à la même période.

« Moi, je veux savoir ce qu’il s’est passé. » On l’appellera Sarah parce qu’elle préfère rester dans l’ombre. Mais pas dans le silence. Le jeudi 10 novembre 2016, cette mère angevine a perdu sa fille de 8 ans, traitée au CHU d’Angers pour une tumeur suivant un protocole du Centre international de lutte contre le cancer Gustave-Roussy, à Villejuif. « Son cœur battait dans tous les sens. Elle est morte dans mes bras. »

Sceptique

Regard fixe et visage impassible. Sarah ne perd jamais le fil. La vie de cette ingénieure dans le domaine médical s’est transformée en un combat. Une question la hante : qu’est-ce qui a provoqué le décès de sa fillette ? Elle ne peut accepter la réponse de l’hôpital. « La professeure nous a parlé d’une évolution naturelle de sa maladie », lâche-t-elle, sceptique.

Tumeur stabilisée

Elle s’étonne des explications de l’équipe médicale d’Angers, très éloignées de ce qu’elle savait de l’état de son enfant. La tumeur, diagnostiquée en février 2016, a été soignée lors de neuf cures à Gustave-Roussy. Avec un certain succès. Le mal avait régressé. « En septembre, notre fille a repris l’école, ses activités. » À Angers, en attendant « un traitement ciblé par séquençage génétique, notre fille a pris de l’Endoxan au CHU. » Le même cyclophosphamide (une classe de médicaments) en cause dans les décès suspects de trois autres patients nantais.

Sa santé se dégrade

La fillette était arrivée dans les services angevins le 3 novembre. « Ils ont réussi à récupérer un nouveau flacon d’Endoxan après une rupture de stocks de cyclophosphamides »,assure Sarah. À partir de là, elle assure avoir vu l’état de sa fille se dégrader. « Maux de tête, vomissements, essoufflement, douleurs aux cuisses… » Sa santé a décliné inéluctablement.

« Rien d’imprévisible » pour le CHU d’Angers

« Rien d’imprévisible », soutient Laurence Soltner, de la direction des usagers et des affaires juridiques du CHU d’Angers. Pourtant, pour l’évolution de la tumeur, « le scanner ne montrait rien de nouveau », souligne la maman ingénieure.

« Complications cardiaques », « même molécule »

Après des mois d’enquête, le pôle santé du parquet de Paris a choisi de classer sans suite, le 15 juin dernier, la plainte déposée par les parents angevins le 14 décembre. Il en a fait de même, le 20 juillet, pour les trois décès de Nantes. « En une semaine, ils sont tous morts de complications cardiaques alors qu’ils étaient soignés avec la même molécule issue du même lot, à Angers et à Nantes », affirme, preuves à l’appui, Me Antoine Béguin, avocat des familles des victimes.

Plainte avec constitution de partie civile

Au CHU d’Angers, on martèle que les affaires n’ont « rien à voir ». « Les pathologies sont différentes, ça n’est pas le même protocole », insiste Laurence Soltner. Il n’empêche : une plainte avec constitution de partie civile a été déposée devant le doyen des juges d’instruction d’Angers. D’autres devraient suivre à Nantes. Avec des questions sur la traçabilité de ce lot d’Endoxan. « Une alerte a été donnée mais rien ne s’est passé », s’étonne Sarah.

 

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