FORMULE D’UN MEDICAMENT, LE MARKETING PHARMACEUTIQUE DES MEDICAMENTS

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Quelle est la formule d’un médicament ? Notion de principe actif, d’excipient, de formulation. Différence entre princeps et générique.

 

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Le Marketing pharmaceutique des médicaments

Les médicaments :

Un Médicament est une substance ou une composition possédant des propriétés préventives ou curatives sur l’homme ou l’animal, ou tout produit destiné à établir un diagnostic médical, ou modifier des fonctions organiques. (Selon l’article L5111-1 du Code de la santé publique).

Marketing pharmaceutique, les medicaments

Un médicament possède une ou plusieurs actions :

  • Reproduire ou stimuler une fonction cellulaire ou organique, ou encore sur la transmission d’un influx nerveux au niveau du SNC.
  • Apporter à l’organisme l’élément nutritif ou physiologique déficient (vitamines) ;
  • Agir par antagonisme direct ou indirect des effets d’une substance naturelle ;
  • Avoir une action mécanique : (huile de paraffine) ;
  • Agir sur certains processus métaboliques

Le médicament est composé de deux sortes de substances : d’une ou plusieurs substances actives aussi désigné le « principe actif » et d’un ou plusieurs « excipients ». Substances auxiliaires inertes servant à la formulation de la forme galénique (amidon saccharose, lactose).
Une spécialité pharmaceutique est un médicament qui a un nom commercial déposé et protégé, Une fois la propriété intellectuelle perdue (épuisement des droits du ou des brevets, en 20 ans), le médicament peut être commercialisé sous des formes dites « génériques ». Un produit générique n’étant pas nécessairement formulé avec les mêmes excipients que le « produit princeps » d’origine.
Au début du XXe siècle n’étaient considérés comme médicaments qu’une douzaine de produits de synthèse et une centaine de produits naturels.

Le développement d’un nouveau médicament passe par plusieurs étapes :

Etapes de developpement d'un nouveau medicament

  • La recherche d’une substance originale, candidate au statut de candidat médicament par modélisation informatique, ou criblage (screening), ou encore l’observation de médecines traditionnelles (plantes ou substances naturelles) ;
  • Un brevet est déposé apportant une propriété intellectuelle permettant l’exploitation commerciale du médicament pour une durée maximale de 20 ans. (aux États-Unis des coopératives de conception libre de médicaments, notamment génétique depuis 2009).
  • Des études de l’effet de la substance in vitro sur des micro-organismes en culture, « ex vivo » sur des organes isolés ou sur des récepteurs biologiques purifiés, puis « in vivo », c’est-à-dire sur l’animal de laboratoire vivant.
  • La mise au point d’une forme galénique adaptée. On cherche tant que possible à obtenir une (si possible sous forme orale stable) ;
  • Les études cliniques doivent être réalisées à l’appui d’une demande d’enregistrement (demande d’AMM). Sous l’égide d’une standardisation internationale (ICH) reconnue par tous les pays en plusieurs phases :
    • Phase pré-clinique : Une étude de la molécule, de sa structure, de son effet sur les cellules, sur l’animal pour déterminer la dose maximale tolérée.
    • La Phase I est le préliminaire à l’étude d’efficacité d’un médicament. Il s’agit d’évaluer la tolérance et l’absence d’effets indésirables chez des sujets le plus souvent volontaires sains et rémunérés.
    • La phase II ou étude pilote consiste à déterminer la dose optimale du médicament et ses éventuels effets indésirables sur des malades.
    • La phase III est l’étude comparative d’efficacité proprement dite. Elle compare le traitement soit à un placebo, soit à un traitement de référence
    • La phase IV (par l’achat de prescriptions) représente le suivi à long terme d’un traitement alors que le traitement est autorisé sur le marché. Elle doit permettre de dépister des effets secondaires rares ou des complications tardives.

Ces études sont très souvent financées par l’industrie pharmaceutique elle-même, qui est par conséquent juge et partie.

Les Médicaments génériques :

Le marketing des médicaments génériques

Un médicament générique est un médicament identique ou équivalent à celui d’une marque, produit après expiration du brevet.

Pour obtenir son AMM, celui-ci ne nécessite qu’un test de bioéquivalence, avec une marge de 5% par rapport au produit de référence, et une fourchette de 80 % à 125 % pour la vitesse d’absorption de la substance active.
De nombreuses sociétés ont délocalisé la fabrication des génériques dans des pays émergents (Chine, Inde, Pays de l’Est) et 80 % des principes actifs sont ainsi fabriqués en Chine et en Inde.
Six Français sur dix acceptent «volontiers» d’acheter un générique et 20% les prennent «avec une certaine réticence»

En France, seulement 40 % des prescriptions sont honorées par les génériques, (contre plus de 70 % au Royaume-Uni et en Allemagne). Et malgré une croissance apparemment satisfaisante du marché du générique en 2013 (785 millions de boîtes, 3,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, en hausse de 12,7 % en valeur), le GEMME, une association qui regroupe 14 industriels du secteur, qualifie cette performance d’« atone », et juge le marché « de nouveau à l’arrêt ».

Cette association propose d’amener les médecins à prescrire « en leur fixant un budget de prescription ». Elle demande également le lancement d’une grande campagne de communication pour les génériques auprès du grand public.
(Source : lequotidiendumedecin.fr)

Mes questions personnelles sur les Médicaments génériques

Je ne suis ni pharmacien, ni médecin, ni salarié de l’industrie pharmaceutique, mais seulement un consommateur qui se pose des questions. Sont-elles justifiées ou pas ?

1) Les médicaments génériques sont-ils bien identiques aux spécialités de marque ?

  • a. Sur les molécules actives : deux molécules « identiques », mais qu’en est-il de la biodisponibilité? Elles peuvent avoir la même Dénomination Commune Internationale (DCI), mais ne pas avoir obtenue le même indice de pureté lors de leur synthétisation. Ces taux de pureté peuvent-ils avoir ou non une incidence sur l’efficacité attendue ou sur les intolérances voire sur son innocuité?
    Pourquoi les autorités acceptent elles une tolérance d’écart de concentration du principe actif dans le sang sur les génériques par rapport aux marques pour leur accorder une autorisation de mise sur le marché ? – (AMM).
    42 % des patients et 50% des médecins disent observer des différences d’efficacité entre un générique et son princeps
  • b. En plus de la fabrication, la fourniture des principes actifs n’est pas la même dans tous les pays (50% viennent de Chine), peut-elle affecter la qualité du produit final, surtout dans la continuité des approvisionnements ?
  • c. Sur les excipients, (ils donnent la consistance, le goût, la couleur du médicament) les supports de la molécule (chlorhydrate ou monohydrate…), sont-ils eux aussi totalement identiques sinon, peuvent-ils influencer l’absorption des principes actifs ? Ou la tolérance du médicament (risque de réactions allergiques, intolérance au gluten)?
  • d. Sur la présentation : les industriels après avoir mis sur le marché une nouvelle spécialité, continuent à « travailler » leur produit sur la présentation galénique pour en améliorer la rapidité d’action, l’assimilation par l’organisme, diminuer le nombre de prises journalières ? Les façonniers de copies suivent-ils ces petits progrès techniques ?

Déjà sur ces 4 points, nous sommes loin de la campagne de publicité de l’an 2000, de l’Assurance-maladie qui annonçait: « Médicaments génériques ? Il n’y a que la couleur qui change » : (Raccourci publicitaire ou tentative de tromperie ?). Après tout, du cheval dans des raviolis « pur bœuf » c’est même moins grave.

2) Les prix des génériques sont inférieurs d’environ 30%, mais est-ce vraiment suffisant ? Ne devraient-ils pas normalement être vendus encore beaucoup moins cher ?

  • e. La marge du pharmacien est supérieure sur un générique que sur un produit de marque (+2%). Cela coûte environ 200 millions d’Euros, chaque année, aux organismes sociaux (sans cela les pharmaciens auraient refusé de délivrer des génériques). Est-ce bien normal en ces temps de déficits ?
  • f. 60 à 80% des génériques sont fabriqués en Inde ou en Chine… pour un si faible écart de prix ! Cela vaut-il le risque encouru par les malades de dépendre de tels fabricants dont le consommateur peut à juste titre, douter de leur « bonnes pratiques » ou de leurs contrôles internes de qualité.
    En 2012, au Pakistan, quelque 109 patients atteints de maladies cardiaques sont morts après avoir absorbé un faux médicament.
  • g. Les Laboratoires pharmaceutiques (les vrais) investissent des sommes considérables en recherche de nouveautés (environ 2 milliards de $ pour une nouvelle molécule). Quels sont les investissements de recherche des façonniers de copies ? Quels progrès thérapeutiques pour l’avenir faut-il attendre de ces derniers ?
  • h. Découvrir une nouveauté ne suffit pas, pour la mettre à la disposition des malades. Il est nécessaire de faire des années d’essais d’efficacité et de toxicité éventuelle. Qu’investissent les « copieurs » pour ces mises au point ?
  • i. Informer les prescripteurs, diffuser les informations nécessaires à l’usage de ces innovations, coûte aux Laboratoires pharmaceutiques : environ 25% de leur CA. Certes, la Visite Médicale de l’Industrie (20 000 VM en France… avec 20 000 voitures) est très critiquée en ce moment, certains même, voudraient la supprimer, mais que restera-t-il à votre médecin pour être avisé rapidement, des progrès thérapeutiques… Des informations diffusées par des fabricants chinois ?

La promotion, l’information et la publicité sur les produits pharmaceutiques

La promotion, l’information et la publicité sur les produits pharmaceutiques sont juridiquement très réglementées, pour la qualité, la fabrication, les contrôles, la distribution et leurs usages), et régis par des « autorités de santé et de nombreux textes de loi principalement :

  • En France, le Code de la Santé Publique (CSP) ;
  • L’EMEA européenne ;
  • Aux Etats Unis, la Food and Drug Administration (FDA)

Cette industrie et sa communication sont soumises à une forte régulation des pouvoirs publics :

Une base de données publique des médicaments permet au grand public et aux professionnels de santé d’accéder à des données et documents de référence sur les médicaments, diffusée par l’Agence du médicament et des produits de santé (ANSM) http://base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr/.

Une « automédication responsable », qui diminuerait les dépenses occasionnées par les remboursements, rencontre actuellement une oreille attentive des autorités de Santé. (http://www.eurekasante.fr/medicaments.html).

Les médicaments « orphelins » :

Les médicaments dits « orphelins » sont destinés au traitement de maladies qui sont si rares que les promoteurs sont peu disposés à les développer dans les conditions de commercialisation habituelles. (Traitement des maladies rares, ceux issus d’un processus de recherche non brevetable ou retirés du marché pour des raisons économiques ou thérapeutiques).

Le gâchis des médicaments en France représente environ 7 milliards d’€ par an, sans compter, sur le gaspillage des hôpitaux (50 Millions) et Maisons de retraite (80 Millions) …et des réserves « Mobilisation » de l’armée, que l’on renouvelle périodiquement, ni les erreurs de livraison qui ne sont pas récupérées mais détruites pour des raisons de sécurité.
(Sources : Cyclamed, Medissimo-Paris-Descartes)
L’effet placebo ? C’est la différence entre la modification constatée (effet thérapeutique global, cliniquement mesurable) et celle imputable à l’action pharmacologique du traitement (effet spécifique ou pharmacodynamique dans le cas d’un médicament). Lorsqu’il n’existe aucun traitement de référence efficace ou disponible dans la maladie considérée, on compare le médicament testé à un placebo. Le placebo (du latin : je plairai) est donc une substance qui ressemble au médicament à tester, sans contenir de principe actif.

Le marketing du médicament

Le Marketing du Médicament assure le développement et la promotion des médicaments, ayant une AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) :

  • Les médicaments délivrés sous prescription d’une ordonnance (Médicaments « de Marques » (MDD) ou les « génériques » (copies)
  • Les médicaments OTC = « Over the compter », de comptoir en « vente libre » sans ordonnance en pharmacie, donc sans remboursement possible, Ils nécessitent un visa préalable de l’Afssaps
  • Les produits pour les vétérinaires
  • Les médicaments réservés à l’usage hospitalier : RH (« réserve hospitalière ») : Anti-rétroviraux, Cancérologie, Endocrinologie, Hématologie, Immunologie, Neurologie, Toxicomanie + certains médicaments coûteux qui ne seront remboursés que pour des indications précises …).

La publicité sur les médicaments fait l’objet d’un contrôle, par l’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), auparavant celle-ci se faisait « à priori » sur les publicités destinées au grand public, et « a posteriori » quand elle était destinée aux professionnels de santé. Désormais, avec la nouvelle Loi de renforcement de la sécurité sanitaire (décret du 9 mai 2012), cette Loi nécessite une demande préalable de « visa de publicité ».
La « publicité directe aux consommateurs » (PDC ou DTCA : « direct-to-consumer advertising ») est autorisée, aux Etats-Unis et en Nouvelle-Zélande.
En France, toute information diffusée, toute publication ou communication issue d’un Laboratoire pharmaceutique s’effectue sous la responsabilité d’un « Pharmacien responsable ». Il est garant du respect du CSP dans l’entreprise, il valide tous les éléments promotionnels et autorise ou non leur utilisation.

Les budgets marketing se concentrent de plus en plus sur des investissements, appelés « marketing relationnel » ou « communication patient », au détriment de formes plus anciennes de promotion.
En 2001, le Code de la consommation est modifié pour autoriser et encadrer la publicité comparative. Cette modification de portée générale, s’appliquant à tout type de bien de consommation, est utilisée par les laboratoires pour la vente de médicaments à destination des professionnels de santé (uniquement).

Le Marché du médicament est un marché de préconisation, les prescripteurs (les médecins) ne sont ni les acheteurs ni les utilisateurs quant aux acheteurs, leurs achats sont en partie remboursés par la sécurité sociale et des mutuelles complémentaires. Le prix de vente du médicament n’a donc aucune incidence sur le volume des ventes espérées et même paradoxalement pour certains malades plus le produit est cher, plus il doit être efficace !

En 2012, le marché mondial du médicament est évalué à environ 856 milliards de dollars de chiffre d’affaires, en décroissance de 1 % par rapport à 2011. Le marché américain (États-Unis) reste le plus important avec 38 % du marché mondial, loin devant les principaux marchés européens (Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni et Espagne), qui réalisent 17 % du marché mondial, le Japon (12 %) et les pays émergents (Chine et Brésil), 8 % de part de marché. La France est, en 2012, le deuxième marché européen derrière l’Allemagne.

(http://www.leem.org/article/marche-mondial-0)

Un médecin peut prescrire en dénomination commune internationale (DCI), toutes fois le médecin peut inscrire la mention manuscrite « non substituable » en toutes lettres sur l’ordonnance. Un pharmacien peut substituer un générique lorsque le médecin a prescrit un princeps. Le patient ne peut pas s’opposer à la substitution.

Ce coût des médicaments ne cesse de croître. Cette augmentation est liée directement à la mise sur le marché de nouveaux médicaments, qui ne sont toutefois pas toujours beaucoup plus efficaces que certains des médicaments, qui existent depuis plus longtemps. Il existe de nombreux exemples de «nouveautés» pharmaceutiques coûteuses qui ont été adoptées rapidement par les médecins sans démonstration préalable d’une amélioration marquée par rapport à un médicament plus ancien ayant fait ses preuves.

Menaces sur le marché des médicaments:

Le développement des génériques : nombre de grands laboratoires se sont diversifiés aussi sur les produits génériques (sous une autre marque) ou pour la fourniture de principes actifs à des façonniers).
Parmi les fabricants les plus importants de génériques en France, avec 500 spécialités on trouve le laboratoire Biogaran, créé en 1996 et filiale des Laboratoires Servier.

  • Les « auto-génériques » (les vraies copies) : même molécule, mêmes excipients, même présentation. Ils sont à choisir de préférence surtout pour les traitements au long cours.
  • Les « médicaments similaires » même principe actif, mais excipients différents.
  • Les « médicaments assimilables » principes actifs sous une autre forme chimique et excipients différents.

Les pertes de brevets exclusifs en particulier pour certains « produits de masse » ;

Des dé-remboursements amènent les firmes pharmaceutiques à réorienter leur recherche sur des produits de « niche » et de spécialité, à forte valeur ajoutée et à prix élevés, pour tenter de compenser les effondrements de ventes et les moins-values à venir ;

Un renforcement des réglementations et de la vigilance des autorités de santé ;

La possibilité donnée aux pharmaciens de substituer le nom d’une prescription (1999), « d’un produit de marque » d’un médecin, au profit d’un générique, donne au pharmacien un rôle tout-puissant et va très certainement diminuer fortement l’incidence des visiteurs médicaux sur les prescriptions et donc sur les ventes de produits de marque et par là, diminuer d’environ 15 000 VM, le nombre de ces représentants ;

Le contrôle des prix et la faible rentabilité en France n’ont pas été favorables à l’internationalisation des groupes d’origine française
Un encadrement croissant des prescriptions médicales par l’assurance maladie ;
De plus en plus de pharmacies tombent en rupture de stock : chaque jour, 5 % des médicaments commandés par les pharmaciens de ville ne sont pas disponibles.
En cause la mondialisation :

  • Des difficultés d’approvisionnement en principes actifs, d’autant plus dures à compenser que 60 % à 80 % de ceux-ci sont aujourd’hui, fabriqués en Inde et en Chine ;
  • Les laboratoires peuvent décider d’arrêter la fabrication d’un produit s’il n’est plus rentable ;
  • L’exportation des médicaments sans équivalents thérapeutique « nécessaires aux besoins nationaux », vendus à l’étranger où les prix sont en général plus élevés qu’en France.

Des démarches tendant à prouver la qualité des pratiques de promotion ont été légitimées par des accords entre l’État français et l’industrie pharmaceutique.

La pharmaco vigilance

Grâce à un accord conclu le 21/05/2014, par le premier syndicat de pharmaciens et l’assurance maladie, à compter du 1er janvier 2016, les pharmacies toucheront 80 centimes par boîte de médicament, et 50 centimes supplémentaires, dès lors qu’elles délivreront une ordonnance de cinq médicaments ou plus…et 40 euros de plus pour entretien avec certains patients sur le suivi de leur traitement.
Cet « honoraire de dispensation » rend les revenus des pharmaciens moins dépendants des prix des médicaments et des volumes de médicaments vendus. Les pharmaciens se sont également engagés à atteindre un taux de remplacement d’un médicament original par son générique de 85%.
En contrepartie le pharmacien pourra inscrire la posologie sur les boîtes mêmes des médicaments pour éviter des erreurs de traitement.

La pharmacovigilance est définie comme ayant pour objet « la surveillance, l’évaluation, la Prévention et la gestion du risque d’effet indésirable résultant de l’utilisation des
Médicaments et produits » (art. L. 5121-22 du Code de la santé publique [CSP).

« Au pharmacommerce de la peur (fear mongering, scaremongering) s’ajoutent le pharmacommerce des styles de vie et le pharmacommerce de la performance, selon des standards de « normalité » et de santé/jeunesse définis par l’industrie dans des buts purement commerciaux » (Elena Pasca)

Certains laboratoires pourraient même se regrouper pour vendre des «lots» de médicaments, comprenant des traitements de marque, des génériques et des produits OTC pour des segments spécifiques de patients.
96% des médecins généralistes auraient recours à Google pour trouver des informations médicales.

Quelques initiatives :

« La revue du médicament » : un mensuel thématique, pratique et mis à jour régulièrement, est une innovation numérique, destinée au grand public, financée uniquement par les abonnements.
La DIY HEALTH (la santé soi-même), plus de 13 000 applications Santé dans l’Apple app store ont été proposées. Ces “médicaments numériques » réduisent les coûts des consommateurs à la santé, améliorent la prise des traitements et renforcent la surveillance à distance en détectant les effets secondaires plus tôt.

mRx : une plateforme qui permet aux professionnels de santé de prescrire des applications certifiées aux patients qui pourront ensuite être mieux suivis.

Antibiotics Reminder : une application gratuite pour Smartphones qui permet aux patients de programmer des rappels pour leurs médicaments prescrits.

Le « Courtage de médicaments » consistant à vendre ou acheter des médicaments sans aucune manipulation physique, désormais licite en France, est aujourd’hui possible aux professions autres que celle de pharmacien. Le courtier est obligé à déclarer son activité à l’Agence Nationale de Sécurité des Médicaments et des produits de santé (ANSM). Sans déclaration : un risque de sanction pénale, par une amende de 30 000 euros et deux années de prison.

L’activité de courtage se distingue de l’activité de vente au détail et dispensation au public réservée aux pharmaciens et de l’activité de distribution en gros.

La vente de médicaments sur Internet

La vente de médicaments sur internet

Réalisée à partir du site internet d’une officine de pharmacie, (la cessation d’activité de l’officine de pharmacie entraîne donc la fermeture de son site internet).

Un gisement de croissance offert aux pharmaciens d’officine dynamiques ou de nouvelles opportunités de baisse du prix des médicaments?

Actuellement, dans le dos des réglementations françaises, des milliers de produits de santé, vrais ou faux, sont déjà vendus en ligne. Plus de 50% des médicaments achetés sur des sites Internet dissimulant leur adresse physique sont des contrefaçons, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Or, des malades pourraient souhaiter pour :
(Selon un sondage Ifop Iracm/Unifab : 9 % des sondés en ont déjà acheté sur Internet et 26 % se disent disposés à le faire dans un cadre légal) pour :

  • Des livraisons à domicile ;
  • Du drive ;
  • Des renouvellements de médicaments en ligne ;
  • Du conseil sous une forme plus interactive en particulier dans les « déserts médicaux »

Pourtant, 77 % des professionnels de Santé se déclarent défavorables à la vente de médicaments sans ordonnance sur internet par des pharmacies françaises. (Enquête JIM en 2013).

La profession est vent debout contre la vente de médicaments en ligne. « Internet, c’est plus de risques, moins de conseils au patient et plus de surconsommation».

Les pharmaciens candidats au commerce de médicaments en ligne vont devoir attendre un feu vert des agences régionales de santé, dans l’attente de la publication d’un décret précisant les bonnes pratiques de vente à distance de médicaments, prévue pour fin mars. Le site de vente en ligne doit aussi être déclaré à l’Ordre national des pharmaciens.

Un pharmacien de Caen, cherche à faire bouger les lignes (https://www.pharma-gdd.com/). A signaler, une levée de fonds récente (600k€), pour créer une société Internet française(1001pharmacies.com) avec « Vidal » (la bible du médicament) comme partenaire. Le groupe a aussi lancé un site internet comprenant des informations sur les médicaments et des outils d’aide à la décision thérapeutique.
« Medicament.net », un site, qui se positionne sur le conseil à l’achat en ligne de médicaments, avec l’intégration d’un comparateur de prix.

L’Union européenne est en train de mettre en place des règles de vente de médicaments en ligne. A terme, chacun pourra utiliser les sites légalement autorisés dans les autres pays européens.
Chaque site européen devra:

  • Se conformer à la réglementation du pays dans lequel il délivrera le médicament ;
  • Respecter la liste des médicaments autorisés à la vente en ligne en fonction de la législation du pays.

DocMorris, la plus importante pharmacie on line en Allemagne pourrait débarquer en France. La Communauté Européenne fait pression sur le Gouvernement Français pour que nos internautes puissent acheter des médicaments « légalement » sur l’Internet via l’étranger.

Seuls les médicaments sans ordonnance peuvent (en principe) être vendus maintenant sur Internet: (Près de 4 000 spécialités). Rien ne change pour les médicaments prescrits par ordonnance.

Les produits vétérinaires ne sont pas concernés par cette autorisation de vente de médicaments sur Internet.

Ce commerce en ligne sera très encadré.

Il est recommandé aux e-pharmaciens avant de se lancer dans l’e-commerce de bien s’assurer de la conformité de leur Site et des modalités de vente aux règles mentionnées ci-dessus ainsi qu’aux règles propres au commerce électronique, sans oublier les règles professionnelles et déontologiques inscrites dans le Code de la santé publique

Le Gouvernement a élaboré un code de «bonnes pratiques» truffé de mesures très restrictives (peut-être à visées dissuasives ?):

  • Les boutiques en ligne devront obligatoirement être adossées à une pharmacie avec « pignon sur rue » ;
  • La présentation des produits en ligne sera strictement encadrée, de manière à rester neutre, claire, non trompeuse et informative. (dénominations de fantaisie et commune du médicament, les indications thérapeutiques et de l’autorisation de mise sur le marché) ;
  • Le site devra cependant comporter une différentiation de son offre, afin de distinguer clairement les médicaments des autres produits vendus par l’e-pharmacien (parapharmacie, soins vétérinaires…) ;
  • La préparation des commandes ne peut se faire qu’au sein de l’officine, dans un espace adapté à cet effet. Elle relèvera de la responsabilité du pharmacien et soumise aux règles de déontologie applicables à l’officine;
  • Ces plates-formes Web devront recevoir l’aval de l’autorité régionale de santé dont ils dépendent. En attendant, seuls les sites déjà ouverts ont le droit de continuer à exercer ;
  • Les pharmaciens ne pourront vendre en ligne que les produits qu’ils ont en totalité en stock dans leurs officines ;
  • Les prix « en ligne » clairement affichés devront être identiques à ceux pratiqués dans leur officine. (Qui prendra en charge les frais de port ou de livraison ?) ;
  • Pour passer une commande on line, vous serez obligé de remplir un questionnaire où il vous faudra indiquer quel type de traitement vous suivez, si vous avez ou non des allergies, si vous êtes enceinte…votre âge (au moins 16 ans), votre poids. Ce questionnaire devra être validé par l’ « e-pharmacien » ;
  • Aucun forum de discussion n’est autorisé, ni aucune sous-traitance de tout ou partie de l’activité de vente en ligne, à l’exception de la conception et de la maintenance du Site ;
  • Ne pas recourir à des techniques de référencement payant via des moteurs de recherche ni des comparateurs de prix ;
  • Le choix du nom de domaine de l’e-pharmacie ne devra pas être fantaisiste ni avoir un objectif promotionnel ;
  • Un compte personnel du client devra récapituler l’intégralité des commandes et des échanges avec le pharmacien, qui devra s’assurer que le patient aura bien pris connaissance et accepté ces conditions générales(CGV) avant paiement en cochant la case « j’accepte » ; tout en incluant un dispositif technique, sécurisé pour assurer la confidentialité des échanges, entre le pharmacien et le patient. (Loi informatique et Libertés du 6 janvier 1978) ;
  • Le patient pourra se faire livrer ou bien passer prendre sa commande à l’officine, auquel cas son dossier pharmaceutique sera mis à jour des médicaments retirés ;
  • Un dispositif de blocage des commandes doit être mis en place sur le site pour éviter le dépassement de la quantité maximale autorisée ;
  • La facture comportera le nom et l’adresse de la pharmacie ainsi que le nom du pharmacien qui a dispensé le médicament. Ces factures sont conservées trois ans ;
  • L’e-pharmacien ne pourra pas se financer par une entreprise produisant ou commercialisant des produits de santé (laboratoires) ;
  • Le site de l’e-pharmacie devra comporter des informations relatives à l’identification de l’exploitant du site conformément aux règles énoncées dans la loi pour la confiance dans l’économie numérique (LCEN du 21 juin 2004), complétées par les informations spécifiques telles que le numéro Répertoire partagé des Professionnels de Santé du pharmacien, le numéro de licence de la pharmacie ;
  • Le site devra également intégrer des liens hypertextes vers les sites internet de l’Ordre national des pharmaciens et du Ministère chargé de la santé ;
  • Les délais de traitement de la commande et de livraison seront précisés au patient ;
  • En cas d’erreur de délivrance (erreur de produit ou produit détérioré), l’e-pharmacien devra rembourser le patient selon les modalités décrites dans les CGV.

Un décret (Arrêté du 20 juin 2013, J.O. du 23) stipule que :

« Le commerce électronique des médicaments doit être réalisé à partir d’un site internet dont la création a été autorisée par le directeur général de l’agence régionale de santé territorialement compétente. Et qu’il répond à un certain nombre de bonnes pratiques ».
« Les notices attachées à ces produits, notamment les précautions d’emploi et la posologie, seront disponibles en ligne et imprimables ».

L’ensemble de ce dispositif entre en vigueur au 12 juillet 2013.

Bonjour la simplification de l’Internet !

Une pharmacie nîmoise va plus loin, en mettant certains médicaments, en libre accès, dans un simple distributeur automatique.

En France, actuellement, la majorité des pharmaciens et le gouvernement seraient unis «pour restreindre la directive européenne et écraser la vente sur Internet».

Dans une nouvelle ordonnance (19 décembre 2012), le juge des référés du Conseil d’État ordonne la suspension de l’exécution des dispositions de l’article L. 5125-34 du code de la santé publique relatives à la vente de médicaments sur Internet.
Et selon Benoît Hamon, (ex ministre délégué à la Consommation), le gouvernement va « analyser la décision du Conseil d’Etat ».

Mais je me permets une question personnelle : (je précise que je ne suis ni médecin, ni pharmacien, ni même salarié de l’industrie pharmaceutique, mais simplement un consommateur qui tente de rester avisé) Que feront tous ces « conservateurs » quand des distributeurs européens couvriront la toile européenne, depuis des Sites on line basés dans un autre état membre … et délivrant par La Poste un Client français,?

Trop de réglementation en France ne fera que favoriser la tentation des sites étrangers illicites de se frayer un créneau dans notre pays, échappant ainsi à toute réelle sanction. Nos autorités tranquilliseront leur conscience en déposant des plaintes contre ces Sites étrangers devant les tribunaux…qui n’aboutiront jamais.

La Commission européenne a annoncé une augmentation notable de produits médicaux falsifiés dans l’Union européenne, les faux médicaments représentaient même les produits les plus interceptés en nombre d’articles dans les envois postaux (36 %). Un phénomène lié, notamment, au développement d’achat de médicaments sur internet via des Sites étrangers.

Attention :

  • Les produits amaigrissants peuvent contenir à l’insu du consommateur un anorexigène d’action centrale telle la Sibutramine, mais aussi des diurétiques, des laxatifs, des antidépresseurs…
  • Un médicament sur prescription médicale acheté sur Internet peut favoriser un risque de mauvais usage ;

Les médicaments contrefaits

Les médicaments contrefaits

La contrefaçon des médicaments est devenue : «Un phénomène majeur dans tous les pays du monde, même dans les pays développés, « avec des conséquences » désastreuses »
(Selon Philippe Peyre, vice-président de Sanofi).

Les profits engendrés par la contrefaçon de médicaments ont atteint 75 milliards de dollars en 2010 (plus que le marché de la drogue… pour beaucoup moins de risques encourus).
Des « sites champignons », se créent et se ferment rapidement pour piéger des consommateurs ».

La lutte contre la contrefaçon entraîne :

  • Des efforts pour rendre les produits plus difficiles à falsifier ;
  • Des boîtes scellées avec Code-barres ;
  • 29 grands groupes ont signé un partenariat avec Interpol ;
  • Sanofi place un hologramme sur ses emballages.

L’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament) peut saisir les parquets territorialement compétents, ainsi que les pôles santé de Paris et Marseille mis en place par le Ministère de la Justice, en vue de suites pénales.
Les infractions constatées concernent le code de la santé publique mais aussi :

  • Le Code de la consommation (tromperie du consommateur, mise en vente d’un produit falsifié) ;
  • Le Code pénal (mise en danger de la vie d’autrui) ;
  • Le code de la propriété intellectuelle lorsqu’une contrefaçon est mise en évidence

Médicaments et contrefacon, le travail des douaniers

Sur les Sites étrangers, ni la qualité ni les conditions de conservation des médicaments achetés sur Internet ne peuvent aujourd’hui être garanties. (Sous dosage ou surdosage, voire une absence totale de principe actif !). Le patient s’expose donc à recevoir des médicaments contrefaits ou de qualité inférieure pouvant être périmés ou altérés par des conditions de stockage ou de transports inadaptés. De même, les matières premières utilisées dans ces produits peuvent aussi être contrefaites ou de qualité thérapeutique médiocre, voire mortelles (de tels décès ont déjà été maintes fois rapportés).

Une opération douanière menée pendant dix jours, début avril 2013, dans 23 ports africains, a permis d’intercepter plus d’un milliard d’articles contrefaits dont 550 millions de doses de médicaments illicites, potentiellement dangereux voire mortels.

Vingt-neuf sociétés pharmaceutiques mondiales, dont Abbott, GlaxoSmithKline et Sanofi, vont investir 4,5 millions d’euros sur trois ans pour le lancement par Interpol d’un programme de lutte contre les faux médicaments ;

Les Produits pouvant relever du charlatanisme :

Ces produits revendiquent une efficacité, sans aucun effet indésirable, dans le traitement de maladies graves comme le cancer ou le sida, alors qu’ils ne présentent aucun intérêt thérapeutique. Les descriptifs utilisant un registre superlatif, voire irréaliste, doivent inspirer la méfiance et ne pas détourner les patients des traitements approuvés dont ils ont besoin.

Des perspectives thérapeutiques et des nouveaux médicaments à venir :
Grâce aux progrès de la génétique et de la biologie moléculaire, la médecine dispose aujourd’hui de composés inimaginables il y a dix ans :

  • La piste d’un vaccin contre le cancer mais aussi grâce à un nouveau type de scanner, les médecins seront bientôt capables de localiser les tumeurs avec une précision jusqu’alors inégalée ;
  • le gefitinib, une nouvelle molécule, bloque le signal à l’origine de la croissance des cellules cancéreuses dans les poumons ;
  • Les Cellules souches, « cellules de l’espérance », capables de produire n’importe quel type de cellules pourraient permettre de guérir des maladies jusqu’alors incurables. Alzheimer, Parkinson, diabète…
  • DHEA, inducteurs d’érection, antidépresseurs, médicaments amaigrissants… Une nouvelle génération de pilules miracles promettent de nous rendre la jeunesse, la mémoire, le sommeil, les cheveux ou la sexualité de nos vingt ans ;
  • La Bionique informatique, les nouvelles technologies, la robotique et l’électronique préparent la médecine du troisième millénaire ;
  • Les applications des robots dans le domaine de la santé et de la chirurgie semblent infinies.
  • Des médicaments extraits de virus atténués, ainsi aux US un traitement à base de virus de la rougeole, injectés en grande quantité a été expérimenté sur une malade atteinte d’un cancer de la moelle épinière.

 

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